Le génome de cinq Néandertaliens récents reconstitué

Des chercheurs de l’Institut Max Planck à Leipzig ont reconstitué l’ADN nucléaire de cinq Néandertaliens récents, dont deux découverts en Belgique. (Photo: Max Planck Institute)
21/03/2018
Le génome de cinq Néandertaliens récents reconstitué
post by
Reinout Verbeke

Des chercheurs de l’Institut Max Planck à Leipzig ont reconstitué l’ADN nucléaire de cinq Néandertaliens récents, dont deux découverts en Belgique. Comparer le génome des derniers Néandertaliens permet de mieux comprendre les déplacements de leurs populations peu avant qu’ils ne disparaissent.

On en sait assez peu sur la diversité génétique des Néandertaliens ou sur les relations entre les populations des derniers Néandertaliens et celles des premiers Hommes modernes. C’est pourquoi l’équipe du généticien évolutionniste Svante Pääbo a séquencé le génome de cinq Néandertaliens ayant vécu il y a 39 000 à 47 000 ans. Ils ont analysé des échantillons prélevés sur des os et des dents de spécimens provenant de Belgique (grottes de Spy et Goyet), de France, de Croatie et du Caucase russe (site de Mezmaiskaya).

Obtenir de l’ADN nucléaire à partir d’échantillons si vieux est extrêmement difficile – il peut être trop dégradé et/ou avoir été contaminé (par les personnes qui les ont manipulés depuis leur découverte ou par des bactéries). Jusqu’à présent, cela n’avait marché que pour quatre autres Néandertaliens. Mais en utilisant une solution d’hypochlorite, l’équipe a pu extraire l’ADN étranger qui avait contaminé les échantillons. Pour rappel : l’ADN nucléaire, provenant des deux parents, apporte plus d’informations – notamment sur le sexe du spécimen – que l’ADN mitochondrial uniquement transmis par la mère. 

Les chercheurs ont notamment comparé le génome du spécimen de Mezmaiskaya avec celui d’un Néandertalien provenant du même site mais daté de 70 000 ans. Ils ont ainsi découvert que le plus récent était davantage apparenté aux Néandertaliens d’Europe occidentale qu’au spécimen plus ancien du même site ! Comment expliquer cela ? L’ancienne population pourrait s’être éteinte localement – peut-être lors d’une période de fluctuations climatiques et de froid extrême qui a débuté il y a 60 000 ans – et avoir été remplacée plus tard par des Néandertaliens venus de l’Ouest.

Échanges d’ADN avec les Hommes modernes

Aujourd’hui, le génome des Occidentaux contient 2 % d’ADN néandertalien – cet ADN provient de Néandertaliens que l’on situe entre 70 000 et 150 000 ans. Par contre, à ce jour, aucune trace d’ADN d’Homme moderne n’a été retrouvée chez les Néandertaliens. Le flux des gènes irait-il principalement dans une seule direction ? Cela doit encore être approfondi…

À noter : au moins cinq Néandertaliens ont été retrouvés à Goyet et trois – deux adultes et un enfant – à Spy. Grâce à cette étude, on sait que le fossile de Goyet analysé, un fémur, appartenait à une femme et celui de Spy, une dent, provenait d’un homme. 

 

S'abonner à Royal belgian Institute for natural Sciences News
Go to top