Pas de moustiques tigres observés en Belgique l’année dernière

Le moustique-tigre Aedes albopictus dans nos collections entomologiques (photo : IRSNB)
11/06/2018
Pas de moustiques tigres observés en Belgique l’année dernière
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Reinout Verbeke

Les chercheurs belges n’ont plus observé le moustique tigre Aedes albopictus en Belgique depuis 2016. La piqûre de cet insecte peut transmettre des maladies virales telles que la dengue, le chikungunya et la fièvre zika. Les scientifiques ont par contre observé trois autres espèces de moustiques exotiques.

Les moustiques exotiques ont pu s'établir dans le sud de l'Europe grâce à la mondialisation et au réchauffement climatique. Et maintenant, ils progressent vers nos régions. Des chercheurs de l'Institut de Médecine Tropicale (ITM), de notre Institut et de BopCo (Barcoding of Organisms and Tissues of Policy Group) surveillent 23 points d’entrée potentiels des moustiques exotiques, tels que des ports, aéroports, centres de montage de pneus et jardineries. Le moustique tigre d'Asie, potentiel porteur de virus qui provoquent des maladies telles que la dengue, le chikungunya ou la fièvre Zika, figure sur la liste des 100 espèces les plus envahissantes, car il s'adapte facilement aux nouveaux environnements.
Les œufs des moustiques-tigres voyagent souvent avec les pneus de seconde main (dans l’eau qui y stagne) et les bambous porte-bonheur (dans l’eau dans laquelle les plantes sont transportées).

Pas de moustique tigre pour le moment

Sur les quelque 5 400 moustiques et larves capturés entre août et novembre 2017, environ 100 – moins de 2 % – appartenaient à des moustiques exotiques. À titre de comparaison : aux Pays-Bas en 2017, au moins 8 sites de moustiques tigres ont été découverts, probablement en raison du grand nombre de compagnies de pneumatiques présentes dans ce pays. « Mais il se peut que ce soit une question de temps avant que plus d’observations chez nous ne nous soient rapportées », dit Wim Van Bortel (ITM), coordinateur du projet MEMO qui se poursuivra jusqu'à la fin de 2019.

Les chercheurs ont trouvé trois autres espèces de moustiques exotiques dans les pièges à moustiques. Il s’agissait, pour la première, de Aedes japonicus, un moustique des forêts asiatiques, observé à Namur et Eupen. Il avait déjà été repéré à Namur en 2002, mais semblait avoir disparu en 2015 et 2016. Il est donc soit de retour, soit jamais parti, ce que la recherche génétique permettra d’établir. Il a également été observé à Eupen et peut provenir des populations établies en Allemagne.

La seconde espèce, Aedes koreicus, a déjà été vue plusieurs fois à Maasmechelen depuis 2008 et à nouveau l'année dernière. La population semble s'être installée mais, heureusement, elle est petite et ne provoque pas de nuisance.
Dans les pièges à moustiques, les chercheurs ont trouvé un spécimen du moustique africain vecteur du paludisme, Anopheles pharoensis, à l'aéroport de Liège. Mais le climat tempéré belge n'est pas adapté à cette espèce, donc le taux de survie est faible.

Tenus à l’œil

Ces différentes espèces de moustiques exotiques, le moustique tigre en tête, peuvent être porteuses de virus, mais uniquement avoir piqué une personne infectée (en Belgique, ce peut être un touriste ou une personne rapatriée). Autrement dit, les moustiques et les virus doivent être présents au même endroit. Ce risque augmente quand la population de moustiques se développe. C’est pour éviter cela que ce programme de surveillance a été mis en place. « Si nous savons quels exotiques vivent où, nous pouvons les combattre de façon ciblée », explique Wim Van Bortel.

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