La biodiversité pour le développement, une voie essentielle vers les Objectifs Durable de Développement

Ouverture du colloque par Mme Pisani, Directrice Générale de l'IRSNB. (Photo : IRSNB/T. Hubin)
23/08/2018
La biodiversité pour le développement, une voie essentielle vers les Objectifs Durable de Développement
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Kelle Moreau

Cinq années d’intégration réussie de la biodiversité dans la coopération belge au développement constituent une bonne base pour approfondir la coopération. Durant la semaine du 28 mai au 1er juin, les partenaires concernés, belges et étrangers, se sont réunis à Bruxelles. Leurs accomplissements ont été présentés lors d’un colloque public le 28 mai. Les anciennes collaborations ont été jugées très fructueuses et les cinq prochaines années de collaboration ont été préparées. Le colloque a été un grand succès et a impliqué la participation active du public. CEBioS, un projet unique à bien des égards !

Capacities for biodiversity and sustainable development (CEBioS)

Comment la biodiversité est-elle intégrée dans la coopération au développement ? Comment les efforts des pays du Nord pour préserver la biodiversité dans le Sud peuvent-ils contribuer à la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement et à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODDs) ? Ces questions clés sont pertinentes dans le monde politique et scientifique belge, et ont conduit à la mise en place du programme CEBioS il y a cinq ans. CEBioS ("Capacities for biodiversity and sustainable development") est un programme de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB), financé par la Direction générale Coopération au développement et Aide humanitaire (DGD) au travers d’un protocole de coopération entre le Ministère de la Politique Scientifique et le Ministère de la Coopération au Développement.

Le programme CEBioS promeut la conservation et la gestion durable de la biodiversité dans le but d’éradiquer la pauvreté dans les pays partenaires de la coopération belge au développement. Ses activités comprennent la coopération institutionnelle avec des organisations partenaires, des appels à propositions, l’organisation de séminaires et de formations, le soutien aux politiques, des projets ciblés, la sensibilisation du public, et des publications. Les principales institutions partenaires se situent en Afrique (Bénin, RD Congo, Burundi), en Amérique du Sud (Pérou) et en Asie (Vietnam), mais CEBioS travaille également avec de nombreux autres pays partenaires, principalement d’Afrique. Plus d’informations peuvent être consultées ici, y compris des détails sur la mission et la vision.

Cinq années de collaboration regroupées en une journée

Après cinq ans de coopération avec les partenaires du Sud, il était temps d’énumérer les accomplissements, d’évaluer et de présenter les expériences de ces dernières années au public, et de répondre aux questions clés posées au début de ce texte. Tel était l’objectif du colloque inédit, « La biodiversité pour le développement, une voie essentielle vers les ODDs », organisé le lundi 28 mai à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (Bruxelles). Le colloque a réuni les acteurs belges et étrangers de la coopération au développement et de la préservation de la biodiversité, et les présentations ont montré que les cinq dernières années ont été très fructueuses ! Avec 140 participants enregistrés, le colloque lui-même peut aussi être considéré comme un succès.

Après des introductions par Mme C. Pisani, Directeur Général de l’IRSNB, Mr T. Neijens, Chef de Cabinet adjoint de l’Unité Coopération au Développement, Cabinet du Ministre de la Coopération au Développement (Belgique), et Mr L. Janssens de Bisthoven, coordinateur de CEBioS, le programme a offert une sélection équilibrée de conférenciers étrangers et belges qui pouvaient chacun mettre en évidence différents aspects des diverses collaborations. De cette façon, le public a reçu un aperçu complet des activités de CEBioS dans les pays partenaires, et donc de la manière dont la Belgique s’efforce activement d’intégrer la préservation de la biodiversité dans son programme de coopération au développement. Les spectateurs ont également pu se faire une idée du large éventail d’actions entreprises par les organisations belges luttant, aux côtés de CEBioS, pour la réduction de la pauvreté et le développement durable.

Engageant et diversifié

De l’application de programmes et mécanismes globaux (e.g. la Convention sur la Diversité Biologique, le protocole de Nagoya, les Centres d’échange – CHM) à des études de cas détaillées, des plaines côtières aux forêts de montagnes, du Bénin au Burundi et du Vietnam au Pérou, le colloque a clairement démontré au public que CEBioS est actif à tous les niveaux et partout où des partenaires établis ou potentiels ont besoin d’aide pour acquérir les connaissances pratiques et théoriques requises dans la lutte combinée pour la préservation de la biodiversité et contre la pauvreté. Il y a eu trop d’exemples pour les énumérer ici, mais les présentations, résumés de présentations et une sélection de photos et videos peuvent être consultés sur le site web du colloque. C’était très inspirant d’écouter tous ces intervenants captivants, qui étaient clairement passionnés par leurs missions respectives, et le genre de personnes dont nous avons besoin pour inverser la tendance ! Ils étaient également tous extrêmement déterminés à continuer sur le chemin choisi ! A cette fin, les représentants des institutions partenaires du Bénin, de la RD Congo, du Burundi et du Maroc sont restés toute la semaine à Bruxelles après le colloque pour préparer les cinq prochaines années de collaboration.

Interaction avec le public

Lors du colloque, l’opinion du public sur un certain nombre de questions clés a également été sollicitée de manière interactive. En organisant deux sessions, une au début et une à la fin du colloque, au cours desquelles le public pouvait directement communiquer sa réponse à un certain nombre de questions à choix multiples, et en comparant les réponses des deux sessions, il était possible de décrire les opinions du public et d’estimer dans quelle mesure il avait changé de point de vue au cours de la journée. La réponse de l’auditoire a été traduite en statistiques complètes et présentées en temps réel durant la session finale du colloque, et a été commentée simultanément par un panel d’experts. Bien que le colloque ait réuni principalement des convertis , il était très encourageant de noter la proportion écrasante de « votes positifs » (catégories « d’accord » et « tout-à-fait d’accord ») pour des déclarations telles que « la préservation de la biodiversité contribue à la réduction de la pauvreté dans les pays en développement » ou « le développement économique et la préservation de la biodiversité sont compatibles ». Le fait qu’une proportion encore plus grande du public comprenait et soutenait ces messages à la fin de la journée est aussi une illustration du succès de l’événement ! Il est également intéressant de noter que la majorité comprenait que la gestion de la biodiversité dans les pays du Sud est une responsabilité partagée par de nombreux acteurs, y compris le secteur public (institutions gouvernementales publiques locales centralisées et décentralisées, aide au développement international), le secteur privé et la société civile (universités, ONG, organisations communautaires). Entre les sessions du matin et du soir, on a aussi pu noter une différence dans les réactions à la déclaration selon laquelle «  la coopération belge au développement intègre suffisamment la biodiversité dans ses activités ». Dans la matinée, la plupart des gens étaient en désaccord avec la déclaration ou étaient neutres, mais le pourcentage de personnes d’accord avait légèrement augmenté à la fin de la journée.

Rendez-vous dans cinq ans pour le prochain aperçu des succès de CEBioS dans la lutte pour la conservation de la biodiversité et contre la pauvreté ?

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