Le rorqual du Coq serait mort de causes naturelles

Le rorqual commun sur la plage du Coq (Image: IRSNB)
21/11/2018
Le rorqual du Coq serait mort de causes naturelles
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Kelle Moreau

Le rorqual commun échoué le 25 octobre sur la plage du Coq est apparemment mort de causes naturelles. C’est ce qui ressort de l’autopsie réalisée par l’UGent, l’ULiège et l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

Les vétérinaires et biologistes qui ont autopsié la baleine n’ont trouvé aucune preuve d’une mort liée à des facteurs humains. Le rorqual commun (Balaenoptera physalus), un mâle de 18 m de long et de près de 30 tonnes, était très amaigri et avait l’estomac presque vide. Des analyses complémentaires portant sur la présence de certains virus connus ont donné un résultat négatif.

L’échouage du rorqual

Le rorqual mort a été observé le 24 octobre dans la partie belge de la mer du Nord. Comme il dérivait sur une route de navigation très fréquentée, les services maritimes ont envoyé des navires de Vloot dab (le R5 Tuimelaar) et de la Police de la navigation (le SPN09), pour le surveiller, et les navires croisant dans la zone ont été alertés de la présence de l’animal mort par le centre de trafic de Zeebrugge.

Grâce à leurs modèles de simulation qui tiennent comptent des courants marins, du vent et des vagues, les scientifiques de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique ont prévu que le cadavre s’échouerait sur la côte belge dans la nuit du 24 au 25 octobre entre Ostende et Le Coq. Étant donné qu’il constituait un risque pour la navigation et que certaines parties de la côte sont difficiles d'accès pour les équipements lourds, le MRCC Ostend (Centre de coordination et de sauvetage en mer) a décidé de le faire échouer de manière contrôlée en accord avec les autorités locales. Le rorqual a donc été remorqué jusqu’à la plage Vosseslag (Le Coq) par le navire de sauvetage Brandaris (Ship Support). Le 25 octobre, vers 2 heures du matin, la baleine avait atteint sa destination finale.

Relativement frais

S’agissait-il du rorqual commun filmé aux Pays-Bas cinq jours plus tôt ou de la « baleine » observée le 23 octobre près du banc de sable Buitenratel ? Cela n’a pas pu être confirmé…

En tout cas, les restes impressionnants de ce mâle adulte étaient encore relativement frais ; l'heure du décès a été estimée à 48 heures avant le début de l'autopsie. Celle-ci n’aurait pu attendre plus longtemps, les grandes baleines se décomposant très rapidement.

Réalisée par des biologistes de l'IRSNB et des vétérinaires et étudiants des universités de Gand et de Liège, l’autopsie n'a pas permis d’imputer la mort du rorqual à un facteur humain. Très émacié, l’animal n’avait qu’une très fine couche de graisse et un estomac presque vide. Des analyses complémentaires sur la présence ou non des virus (morbillivirus, herpès, influenza et brucella) ont donné des résultats négatifs. La cause de la mort est apparemment naturelle.

Le poids de l'animal était estimé à 30 tonnes ; 24 tonnes ont été enlevées par la protection civile afin d’être détruites par la firme Rendac. À la demande de la municipalité du Coq, la gigantesque mâchoire inférieure sera exposée publiquement après traitement par l'Université de Gand. De nombreux échantillons de tissus ont été collectés, en plus de parasites externes. L'une des nageoires pectorales est désormais conservée au musée de l'Université de Gand.

Très rare

Les rorquals communs sont très rarement observés en mer du Nord. Le précédent échouage remonte au 1er novembre 1997. Depuis, par deux fois, un rorqual commun mort a été poussé par un navire jusqu’au port d’Anvers en 2009 et au port de Gand en 2015.

Le remorquage, l’autopsie et l'enlèvement des restes de la plage se sont parfaitement déroulés grâce à l'excellente coopération entre les différents services : l'Agence des services maritimes et des côtes (Scheepvaartbegeleiding, Maritime Rescue and Coordination Centre, DAB Vloot), le Ship Support, la Police de la navigation, les services du Gouverneur de province, la Protection civile, le SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, le Cabinet du Secrétaire d’État à la Mer du Nord, les autorités locales du Coq, les universités de Gand et de Liège, et l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

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