Un requin de 100 millions d’années découvert après une tempête

© Krien Hansen (arrière-plan : les falaises du Cap Blanc-Nez), Dirk Hovestadt & Frederik Mollen (le squelette, les denticules et quelques dents)
21/12/2018
Un requin de 100 millions d’années découvert après une tempête
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Charlotte Degueldre

Un nouveau spécimen fossile rejoint nos collections. Il s’agit du squelette partiel d’un requin de 100 millions d’années découvert en 1996 au pied du Cap Blanc-Nez (Côte d’Opale, France) par le paléontologue amateur Luc De Coninck. Le fossile gisait dans une couche normalement enfouie sous le sable mais exposée suite à une tempête.

Une découverte exceptionnelle à plus d'un titre

« C’était une course contre la montre pour récupérer le requin avant qu’il ne soit à nouveau recouvert par la marée. Avec un ami, nous avons creusé une tranchée dans l'argile dure autour du fossile pour le libérer. Pendant ce temps, mon fils Pieter cherchait sur la plage une caisse rejetée par la marée ou quelque chose de similaire pour pouvoir transporter notre trouvaille jusqu’à la voiture qui était très éloignée », explique Luc De Coninck.

Les falaises du Cap Blanc-Nez sont connues depuis des siècles pour leur richesse en oursins, seiches et autres fossiles du Crétacé. Mais ce spécimen est unique : le squelette des requins étant cartilagineux, il est très rare d’en retrouver d’autres restes fossilisés que les dents.

Frederik Mollen, responsable du groupe de recherche flamand sur les requins et les raies, ajoute que « la peau des requins n’est pas couverte d’écailles mais de denticules. Il arrive qu’on en retrouve parfois mais jusqu’à présent, il était impossible de terminer à quelle espèce de requin elles correspondaient, bien que chaque espèce ait ses propres denticules. C'est désormais possible. »

Un groupe éteint

Le squelette fossile appartient à un petit groupe de requins, scientifiquement appelé « Synechodus ». Ce groupe a survécu à l'impact de la météorite à l’origine de l'extinction des dinosaures, avant de s’éteindre un peu plus tard, alors que d'autres groupes de requins persistaient. Un cul-de-sac évolutif donc.

Luc De Coninck a fait don du fossile à la science. Il rejoindra bientôt les collections de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

 

Mollen, F.H. & Hovestadt, D.C. A new partial skeleton of a palaeospinacid shark (Neoselachii, Synechodontiformes) from the Albian of northern France, with a review of the taxonomic history of Early Cretaceous species of Synechodus Woodward, 1888. Geodiversitas, 40 (25), 557-574.

http://sciencepress.mnhn.fr/en/periodiques/geodiversitas

 

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