La sardine du Lac Tanganyika : « une pour tous et tous pour une »

Des sardines (Stolothrissa tanganicae) du Lac Tanganyika (photo: Els De Keyzer)
15/01/2019
La sardine du Lac Tanganyika : « une pour tous et tous pour une »
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Reinout Verbeke

Selon une étude génétique, les sardines du lac Tanganyika, en Afrique, constituent un groupe homogène. Les quatre états riverains devront donc collaborer s’ils veulent maintenir cette ressource surpêchée. Ces poissons assurent la sécurité alimentaire pour des millions de personnes en Afrique centrale.

Des biologistes de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB), le Musée royal de l’Afrique centrale (MRAC) et la KU Leuven, ont découvert que la sardine Stolothrissa tanganicae de l’énorme Lac Tanganyika est génétiquement uniforme et ne contient donc pas de sous-groupes. L’ichtyologiste Maarten Van Steenberge (IRSNB et MRAC) en conclut que : « Ces poissons se déplacent sur toute la longueur de ce lac de sept cents kilomètres de long. Ceci implique qu’une surpêche dans une partie du lac fait diminuer également le nombre des sardines ailleurs.»

Poisson sans frontières

Le lac est bordé par quatre pays : la R.D. du Congo, la Tanzanie, le Burundi et la Zambie. La sardine est d’une importance vitale pour la sécurité alimentaire de quelques millions d’habitants de ces pays, d’autant plus quelle est la proie d’autres poissons alimentaires, tels que les Latidae (perches géantes).

Van Steenberge : « La population de sardines dans le lac Tanganyika diminue. Les quatre pays devront collaborer afin de mieux gérer les stocks de poissons. Cela ne fonctionnera pas si un pays applique seul une gestion durable, en imposant des quotas de pêche par exemple, tandis que, de l’autre côté de la frontière, les pêcheurs capturent à volonté les mêmes sardines. »

Connaissances insuffisantes

En août 2016, les chercheurs ont échantillonné cinq endroits sur l’axe nord-sud du lac. Ils ont sélectionné au total 96 sardines des captures des pêcheurs pour une étude génétique. « Pendant ce travail de terrain, les habitants se montraient très intéressés de collaborer à la protection des stocks de poissons, mais il leur manquait les connaissances essentielles à l’établissement d’un plan de gestion efficace », dit Els De Keyzer (KU Leuven), qui a mené la recherche avec Zoë De Corte (JEMU, le laboratoire moléculaire commun de l’IRSNB et le MRAC).

La présente étude, parue dans BMC Evolutionary Biology, est une première démarche dans la sensibilisation du public et des décideurs. D’autres études génétiques ont été planifiées, ainsi qu’un sondage auprès des pêcheurs afin de savoir ce qu’ils pensent des différentes mesures de protection.


L’étude a été supervisée par CEBioS, le programme pour la biodiversité et la collaboration au développement de l’IRSNB.

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