Un modèle d’investissement en géothermie développé par des scientifiques de l’IRSNB et de l’UAntwerpen

Géothermie
05/12/2019
Un modèle d’investissement en géothermie développé par des scientifiques de l’IRSNB et de l’UAntwerpen
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Siska Van Parys

La géothermie peut aider à rencontrer les objectifs nationaux en matière d'énergies renouvelables, mais il s’agit d’une technologie coûteuse pour la grande profondeur. Des scientifiques du Service Géologique de Belgique, section de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, et de l’Université d’Anvers ont conclu qu’un prêt public, remboursé uniquement si le projet géothermique est rentable, est la mesure politique la plus adéquate.

Comme l’a récemment admis Zuhal Demir, ministre flamande de l’énergie, la Flandre n’atteindra pas ses objectifs en matière d’énergies renouvelables en 2020. Les investissements dans la production d’énergie géothermique ont pris du retard sur le projet de développement proposé dans les Plans d'action nationaux en matière d'énergies renouvelables.

Coûts et avantages

« Pour l’énergie géothermique, on utilise la chaleur de la Terre », explique le géologue Kris Welkenhuysen (IRSNB). « Les installations utilisant une pompe à chaleur pour valoriser la chaleur extraite du sous-sol sont   un exemple d’application géothermique. La géothermie profonde concerne une chaleur extraite à une grande profondeur. Cette technique est très prometteuse, car elle fournit une source importante et constante d’énergie durable. Mais elle exige aussi des investissements coûteux au départ et implique plusieurs causes d’incertitude dans la géologie et dans le marché. Cela dissuade les investisseurs. »

Tine Compernolle, économiste de l’environnement à l’UAntwerpen, a développé, avec Kris Welkenhuysen et Kris Piessens, géologues à l’IRSNB, un modèle examinant les manières dont les mesures politiques pourraient réduire les risques d’investissement et augmenter leur rentabilité : « Nous avons examiné si les coûts publics des mesures politiques contrebalanceraient les bénéfices privés. »

Une avance récupérable

Les scientifiques ont tenu compte du fait qu’un projet géothermique se déroule en plusieurs phases et qu’il pourrait être arrêté sur base de certaines informations après la phase d’exploration. Tine Compernolle explique : « Bien que la plupart des pays préfèrent un régime d’assurance afin de diminuer le risque d’investissement, nos résultats démontrent qu’un tel régime augmente les risques d'abandon. »

Selon Kris Piessens, « un prêt qui ne serait remboursé que si le projet paraît rentable s’avère la mesure politique la plus adéquate. Cette mesure augmente les chances qu’un projet se poursuive et qu’il devienne rentable. Cette mesure garantit également une distribution uniforme du support pour les projets qui en ont le plus besoin. C’est la meilleure garantie pour le développement d’un secteur géothermique stable. »
L'étude, qui fait partie du projet ALPI (Belspo), a été publiée dans la revue spécialisée Energy Economics.

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