ACHETEZ VOS TICKETS EN LIGNE

TICKETS !

 

Mesures à suivre lors de votre visite

Un squelette de trois millions d’années au port d’Anvers : une nouvelle pièce au puzzle de l'évolution des baleines

Composition du squelette d'Antwerpibalaena liberatlas. (Photo: IRNSB)
30/04/2020
Un squelette de trois millions d’années au port d’Anvers : une nouvelle pièce au puzzle de l'évolution des baleines
post by
Reinout Verbeke

Des paléontologues viennent de décrire une nouvelle espèce de baleine. Antwerpibalaena liberatlas, qui, il y a environ trois millions d’années, vivait en Mer du Nord, est un cousin éteint des baleines franches actuelles. Bien conservé, le fossile a été mis au jour lors de la construction de l’écluse de Kieldrecht, dans le port d’Anvers. Une étude exhaustive des différences anatomiques avec les espèces actuelles permet une meilleure compréhension de l’évolution des baleines franches, restée jusqu'ici peu claire, de par le nombre réduit de découvertes significatives.

En février 2013, Stijn Goolaerts, paléontologue à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB), découvre un squelette de baleine bien préservé dans le puits de construction de l’écluse de Kieldrecht, au port d’Anvers. Selon une étude menée par une équipe internationale de scientifiques sous la direction de   Guillaume Duboys de Lavigerie (IRSNB, Université de Liège) et de Felix Marx (Te Papa Museum, Nouvelle-Zélande), il s’agit d’une toute nouvelle espèce de baleine franche, qui vivait en Mer du Nord il y a environ trois millions d’années.

Cou rigide et nageoires pectorales en forme de pagaies

Les baleines franches et la baleine boréale appartiennent à la famille des Balaenidae, un groupe apparu il y a environ vingt millions d’années. Bien que les balaenidés constituent le plus ancien groupe parmi les baleines modernes, le nombre réduit de découvertes bien documentées a jusqu'ici limité notre connaissance de leur évolution. Le squelette relativement complet d’Antwerpibalaena liberatlas fournit de nouvelles informations, notamment en ce qui concerne l'évolution du cou.  Chez la baleine franche de l'Atlantique nord, la baleine franche australe, la baleine franche du Pacifique nord et la baleine boréale, les vertèbres cervicales sont soudées, stabilisant ainsi plus efficacement la tête énorme, qui occupe un tiers de la longueur du corps chez ces baleines 'écrémeuses'. Le cou d’Antwerpibalaena était rigide, mais pas autant que celui des baleines franches actuelles : l’atlas du squelette de l’écluse de Kieldrecht était encore libre, d’où le nom d'espèce liberatlas.

Les paléontologues ont pu constater que cette nouvelle baleine possédait des nageoires pectorales en forme de pagaie, encore une caractéristique des baleines franches récentes.

Un yo-yo évolutif

Antwerpibalaena mesurait entre 9,5 et 12 mètres. Cette nouvelle espèce est plus petite que les représentants actuels (15 à 20 mètres), mais aussi que certaines baleines franches plus anciennes. L’évolution de la taille n'est donc pas linéaire, passant de baleines plus petites à des baleines plus grandes, mais se déroule de façon plus complexe. Nous ignorons encore pourquoi certaines lignées de baleines franches étaient caractérisées par une taille inférieure. « Peut-être était-ce lié à des habitats moins profonds et plus confinés, ou bien à des stratégies de chasse différentes », dit paléontologue Olivier Lambert (IRSNB).

Le nom de la nouveau baleine fait référence à la ville d’Anvers, dont le sous-sol s’est avéré un véritable cimetière de cétacés. Même après 150 années de fouilles et de recherches sur les nombreux fossiles découverts, les scientifiques continuent à y faire des découvertes importantes.

Cette étude est publiée dans la revue spécialisée Journal of Systematic Palaeontology.

 

Les scientifiques tiennent à remercier tous ceux qui ont contribué aux fouilles dans l’écluse de Kieldrecht, notamment les ingénieurs en chef et les volontaires. Sans leur aide précieux, ce patrimoine important aurait été irréversiblement perdu. En effet, à la différence du patrimoine archéologique, le patrimoine paléontologique flamand ne bénéficie pas d’une protection particulière de la part des autorités.

S'abonner à Royal belgian Institute for natural Sciences News
Go to top