Des chercheurs belges démontrent qu’un météore a explosé au-dessus de l'Antarctique il y a 430 000 ans

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Impression artistique d'une explosion de météore au-dessus de l'Antarctique. (par Mark Garlick / markgarlick.com)
01/04/2021
Des chercheurs belges démontrent qu’un météore a explosé au-dessus de l'Antarctique il y a 430 000 ans
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Reinout Verbeke

Des scientifiques belges ont trouvé des preuves qu’un météore d'au moins 100 mètres a explosé juste au-dessus de la calotte glaciaire de l'Antarctique il y a 430 000 ans. Il s’agit de minuscules particules fondues dont la composition est unique, trouvées précédemment lors d'une expédition belge au pôle Sud.

Ces petites météorites ont été notamment trouvées au sommet de Walnumfjellet dans les montagnes Sør Rondane, en Antarctique de l'Est, lors de l'expédition BELAM de 2017 et 2018. Ces particules indiquent une explosion inhabituelle d'un météore particulièrement grande.

Après avoir traversé l'atmosphère, les météoroïdes de plus de 100 mètres peuvent former un cratère d'impact, mais plus souvent encore, les météores explosent dans l'air et provoquent une onde de choc puissante et destructrice. L'exemple le plus célèbre est celui de l'explosion de Tunguska qui a rasé des milliers d'hectares de forêt en Sibérie en 1908 et causé des dégâts sur plus de cent kilomètres. Plus récemment, en 2013, c'est un météore plus petit qui a explosé au-dessus de Tcheliabinsk (également en Russie).

Il est essentiel de savoir à quelle fréquence ces événements se produisent et quels sont leurs effets sur la zone environnante. « Si une telle explosion devait se produire au-dessus d'une région à forte population, elle serait catastrophique et ferait de nombreuses victimes », déclare le professeur Philippe Claeys de l'Université libre de Bruxelles (VUB).

Antarctique

Trouver des traces de tels événements du passé revient à chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais les membres de l'expédition ont trouvé de minuscules particules en Antarctique et ont ensuite prouvé en laboratoire qu'elles provenaient d'une explosion de météorite survenue il y a environ 430 000 ans.

Professeur Steven Goderis (VUB) : « Les fragments sont extraterrestres, comme le montre leur composition chimique chondritique et leur forte teneur en nickel. Leur rapport isotopique unique en oxygène indique que lors de leur formation dans le nuage d'impact, ils ont réagi avec l'oxygène de la glace antarctique. » Cela n'est possible que si l'explosion aérienne s'est produite assez près de la surface de la glace et que l'onde de choc a fondu et vaporisé la glace, la mélangeant aux particules de météorite dans le nuage d'impact. Un tel événement ne peut résulter que de l'entrée à grande vitesse dans l'atmosphère d'un astéroïde d'au moins 100 mètres.

Ce type d'explosion relativement proche de la surface de la Terre est moins fort en terme de puissance destructrice que la formation d'un cratère d'impact, mais tout de même bien plus important que lorsqu'il se produit à haute altitude (par exemple, entre 30 et 50 km d'altitude dans le cas de l'explosion de Tcheliabinsk).

Retraçer d’autres explosions

Matthias van Ginneken (actuellement à l'université du Kent, précédemment à l’IRSNB et à la VUB) a dirigé les travaux de recherche : « Pour obtenir une image plus complète des impacts de météorites sur la Terre, nous devons retrouver la trace d'un plus grand nombre d'explosions de ce type dans des endroits autres que la calotte glaciaire de l'Antarctique (qui ne couvre que 9 % de la surface terrestre), comme les fonds rocheux ou peu profonds des océans. Nos recherches peuvent également s'avérer utiles pour identifier ces événements dans les carottes de forage (échantillons du sous-sol) sur terre et en mer ».

L’étude a été publiée dans Science Advances.

 

D'après un communiqué de presse de la Vrije Universiteit Brussel et de l'Université du Kent.

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