Découverte des plus vieux fossiles végétaux du continent africain

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08/06/2021
Découverte des plus vieux fossiles végétaux du continent africain
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Reinout Verbeke

L’analyse de fossiles végétaux très anciens découverts en Afrique du Sud et datant du Dévonien inférieur nous permet d’en apprendre davantage sur la transition des continents stériles vers la planète verte que nous connaissons aujourd’hui. Une étude à laquelle a participé Cyrille Prestianni, paléobotaniste à L’IRSNB et l’ULiège et dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue Scientific Reports.

 

Le verdissement des continents - ou terrestrialisation - est sans conteste l’un des processus les plus important qu’ait connu notre planète. Si pour la plus grande partie de l’histoire de la Terre, les continents étaient dépourvus de vie macroscopique, à partir de l’Ordovicien (il y a 480 millions d’années) des algues vertes se sont progressivement adaptées à la vie en dehors du milieu aquatique. La conquête des terres émergées par les végétaux a été un processus très long au cours duquel les plantes ont progressivement acquis la capacité de se tenir dressées, de respirer dans l’air ou de disperser leurs spores.

Les fossiles de plantes qui permettent de documenter ces transitions sont très rares. En 2015, dans le cadre de l’extension du barrage de Mpofu (Afrique du Sud), des chercheurs ont découverts dans des couches géologiques datées du Dévonien Inférieur (420 – 410 millions d’années), de nombreux fossiles végétaux, ce qui en a fait une découverte tout à fait exceptionnelle.


Diversité

« Rapidement, la découverte s’est avérée hors du commun », explique Cyrille Prestianni, paléobotaniste à l’Université de Liège et à l’IRNSB, « puisque nous sommes en présence de la plus ancienne flore fossile d’Afrique et qu’elle est très diversifiée et d’une qualité exceptionnelle ».  C’est grâce à une collaboration entre les deux institutions de recherche belges et le New Albany Museum (Afrique du Sud) que cette incroyable découverte a pu être étudiée.

L’étude qui vient d’être publiée dans le journal Scientific Reports décrit cette flore fossile particulièrement diversifiée avec pas moins de quinze espèces analysées dont trois sont nouvelles pour la science.  « Cette flore est aussi particulièrement intéressante par la quantité de spécimens plus ou moins complets qui ont pu y être découverts, reprend le chercheur. Ces plantes sont de petite taille, les plus grands spécimens ne dépassant pas les 10 cm de haut. Ce sont des plantes simples, constituées d’axes qui se divisent deux à trois fois et se terminent par des structures de reproduction que l’on appelle sporanges. »

La flore fossile de Mpofu, nous permet aujourd’hui d’imaginer à quoi pouvait ressembler le monde quand les plus grandes plantes ne dépassaient pas la hauteur de notre cheville et que presqu’aucun animal n’avait encore pu s’affranchir du milieu aquatique. Elle nous permet de mieux comprendre comment notre Terre est passée d’un rocher rouge dépourvu de vie à la planète verte que nous connaissons aujourd’hui. Ces plantes, aussi simples soient-elles, sont une étape cruciale dans la construction des environnements qui ont accueilli les premiers arthropodes. Elles sont à la base de la longue histoire de la vie sur Terre qui se prolonge aujourd’hui encore des denses forêts tropicales aux arides toundra du nord.

 


Communiqué de presse de EDDy Lab (L’Evolution and Diversity Dynamics Lab) de l’Université de Liège

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