Un haut lieu de la biodiversité redécouvert en mer du Nord

Un haut lieu de la biodiversité redécouvert en mer du Nord (photo A.Norro IRSNB).
16/07/2015
Un haut lieu de la biodiversité redécouvert en mer du Nord
post by
Sigrid Maebe

Des biologistes belges ont redécouvert une zone très riche en vie sous-marine dans la mer du Nord. Au large de la côte belge, à proximité de quelques bancs de sable, la faune prospère comme il y a cent ans. Malgré les perturbations accrues causées par la pêche, la région regorge de buccins, troques et doigts de mort.

La partie belge de la mer du Nord se compose principalement de fonds sableux, mais au bord de quelques bancs de sable, on trouve des lits de graviers constitués de petites et grandes pierres. Il y a plus de cent ans, le prof. Gustave Gilson, pionnier belge de la recherche en biologie marine, avait constaté que ces zones accueillaient une très riche biodiversité, très différente de celle des zones sableuses voisines. Les lits de graviers servaient aussi de frayère aux poissons, notamment au hareng, qui y trouvaient refuge.

Pendant les décennies qui ont suivi, ces zones ont été très appauvries par la pêche : les pierres étaient soient déplacées, soient remontées à bord avec les prises, et des espèces typiques ne pouvaient donc plus s’y installer. Mais il y a dix ans, on a retrouvé un vestige de cette faune à hauteur des bancs de sable au large de la côte belge – les Hinderbanken – et, d’après de nouveaux échantillons réalisés par l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique, la zone prospère encore aujourd’hui.

Espèces typiques

Les scientifiques ont à nouveau étudié les lits de graviers à bord du navire de recherche flamand Simon Stevin. Alors que les communautés animales qui vivaient dans les lits de graviers, autour des hauts lieux de biodiversité, montrent clairement des signes de perturbation et sont appauvries, les espèces typiques, comme les buccins, les troques, les araignées de mer, les hydraires antennes, les alcyons, sont toujours présentes. Plusieurs espèces vulnérables, comme l’huitre plate européenne, qui formait autrefois des bancs, ont cependant disparu.

La découverte de ces communautés confirme le potentiel de restauration des lits de graviers dans les eaux belges. « Il faut éviter toute perturbation des fonds marins », expliquent Ilse De Mesel et Francis Kerckhof, experts en biologie marine. « Le plan d’aménagement des espaces marins interdit à certains endroits les activités qui troublent les fonds marins. On devrait donc constater une amélioration ! Des espèces disparues pourront de nouveau s’installer et, à terme, des bancs d’huitres pourraient même réapparaitre. »

Cliquez sur l'image pour voir plus de photos.

S'abonner à Royal belgian Institute for natural Sciences News
Go to top