Les opérations de dragage du projet Marker Wadden observées par Sentinel-2A

Zoom sur les opérations de dragage dans le Markermeer (Figure : IRSNB - Contains modified Copernicus Sentinel data 2016).
02/06/2016
Les opérations de dragage du projet Marker Wadden observées par Sentinel-2A
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Sigrid Maebe

Les opérations de dragage réalisées dans le Markermeer, aux Pays-Bas, sont visibles de l’espace ! Des scientifiques de l’IRSNB traitent des images prises par satellite et les valident avec des mesures prises dans le lac.

Le projet Marker Wadden a pour but de créer des îles dans le Markermeer, un des plus grands lacs d’eau douce d’Europe occidentale. Ces îles amélioreront la sédimentation dans le lac et augmenteront l’étendue des rives et des zones humides naturelles. La réduction des sédiments sur le fond lacustre et dans la colonne d’eau rendra l’eau plus claire, contribuera à restaurer la chaîne alimentaire aquatique et augmentera l’abondance et la diversité de la faune et de la flore aux Pays-Bas.

Images prises par satellite

Les opérations de dragage réalisées dans le lac sont visibles de l’espace ! Des images prises par le satellite Sentinel-2A ont été traitées par Quinten Vanhellemont, scientifique à l’IRSNB, à l’aide d’ACOLITE, un processeur et correcteur atmosphérique multi-senseurs développé dans le cadre du projet HIGHROC, un projet du 7e PC de la Commission européenne. Ces images montraient les premières opérations de dragage effectuées dans le Markermeer le 21 avril 2016, puis un vaste panache de sédiments le 1er mai 2016, et enfin l’apparition de la première île artificielle à la surface de l’eau le 11 mai 2016.

En utilisant les bandes proches infrarouges de Sentinel-2A, Quinten a également pu dédier  la concentration de sédiments en suspension. Le 21 avril, le vent a provoqué une remise en suspension entraînant une concentration élevée de sédiments à la surface (jusqu’à 100 g/m³) dans la partie occidentale du lac. Le panache de sédiments observé le 1er mai a atteint une concentration de matière en suspension similaire de 100 g/m³ à la surface, alors que la concentration dans le Markermeer est d’environ 20 g/m³. La concentration de matière en suspension à la surface de l’IJsselmeer (à l’est de la digue Houtribdijk) est inférieure à 10 g/m³. La couleur du panache de sédiments diffère des sédiments alentours car les sédiments présents sur le fond lacustre sont différents.

Pourquoi est-ce intéressant ?

Ce type d’images va être utilisé dans cadre du projet européen INFORM (FP7-ESPACE), qui va mettre au point de nouveaux produits pour la surveillance de la qualité des eaux douces. Une fois validés, les produits INFORM serviront de base à l’élaboration de futurs produits pour évaluer notamment la mise en application de la Directive-cadre sur l’eau (DCE). Les travaux du projet INFORM donneront lieu à des recommandations pour que les missions futures d’observation de la Terre intègrent une composante de surveillance de la qualité des eaux douces. Les produits seront validés pour le Markermeer cet été par notre scientifique Dimitry Van der Zande.

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