L’efflorescence algale le long de la côté belge détectée depuis l’espace

L’efflorescence algale le long de la côté belge vu de l’espace
06/07/2017
L’efflorescence algale le long de la côté belge détectée depuis l’espace
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Kelle Moreau

En mai 2016, des scientifiques ont constaté une intense efflorescence algale juste devant la côte belge. Cette prolifération a été mise en évidence à l’aide du satellite européen Sentinel-2. Ce satellite peut aider à surveiller des régions inaccessibles pour un navire océanographique. En 2017, ce même phénomène a été identifié sur des images satellites.

Tous les États membres de l’UE sont tenus d’établir régulièrement des rapports sur la qualité de leurs eaux côtières. Depuis les années 80, les scientifiques recueillent ces données depuis des navires océanographiques et cela fait à présent plus de dix ans que des données satellitaires viennent les compléter. Ces dernières n’étaient toutefois pas encore détaillées et suffisamment complètes pour la surveillance des zones proches des côtes. Ces zones situées à moins de deux kilomètres de la côté étaient jusqu’il y a peu des « zones d’ombre » car la plupart des navires océanographiques ne pouvaient les rejoindre, vu leur faible profondeur. Le satellite Sentinel-2 de l’European Space Agency (ESA), offre à présent une solution, grâce à son imageur haute résolution.

« Les images satellitaires de l’efflorescence algale devant la côte belge ont été pour moi une véritable révélation », explique Kevin Ruddick, qui travaille dans notre Institut. « Au cours de ces 20 dernières années, j’ai effectué chaque année une série de mesures à bord du navire océanographique Belgica, mais nous n’avons pas pu analyser la zone côtière car celle-ci n’est pas assez profonde. Nous nous sommes toutefois vraisemblablement approchés à plusieurs reprises de cette zone d’efflorescence, mais nous nous ne sommes pas rendu compte de la situation. »

Efflorescence algale et qualité de l’eau

La prolifération des algues est un phénomène parfaitement normal qui permet aux organismes marins de se nourrir. L’on parle d’efflorescence algale en cas de prolifération importante, un phénomène qui peut parfois avoir des conséquences négatives. Certaines espèces d’algues produisent en effet pendant leur croissance des toxines qui peuvent être nocives pour l’homme et l’animal. Et si elles continuent à proliférer, les algues peuvent diminuer la teneur en oxygène de l’eau. Dans ce cas, l’efflorescence algale diminue gravement la qualité de l’eau. Il est donc important de repérer rapidement ce phénomène, en particulier dans les eaux côtières, le littoral ayant besoin du tourisme, des sports nautiques, de la pêche côtière et de la conchyliculture.

Sentinel-2

Sentinel-2 est un satellite haute résolution (précision jusqu’à 10 mètres) qui capte différentes longueurs d’onde du spectre électromagnétique. Grâce à la présence de différentes bandes dans la zone rouge du spectre (entre 665 et 705 nm), il est possible de déduire, sur la base des images satellitaires, la concentration en chlorophylle. La turbidité, qui, comme la concentration en chlorophylle, permet d’évaluer la qualité de l’eau, peut être cartographiée séparément.

Des méthodes à tester

La forte efflorescence algale devant la côte, de Nieuport à Ostende, ne posait vraisemblablement pas problème. Il s’agissait probablement de l’espèce gélatineuse non-toxique Phaeocystis globosa.

L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique développe et teste des méthodes d’utilisation des données de Sentinel-2. Il a reçu à cette fin le soutien du programme européen de recherche HIGHROC. « L’IRSNB a ainsi pu développer le logiciel ACOLITE, disponible gratuitement via le site web », ajoute Quinten Vanhellemont, développeur et gestionnaire, également attaché à notre Institut.

 

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