Creuser le sillon de la géothermie à Bruxelles

Sondage à Anderlecht. (Photo: Estelle Petitclerc)
16/02/2018
Creuser le sillon de la géothermie à Bruxelles
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Reinout Verbeke

À Anderlecht, le consortium Brugeo s’attelle depuis plusieurs jours à un chantier de forage. Le but: cartographier le sous-sol bruxellois et tester la possibilité de la géothermie.

Les partenaires du projet, dont notre service géologique, vont extraire des carottes jusqu’à 120 mètres de profondeur. Le but de l’opération? Mieux connaître le sous-sol bruxellois, en particulier dans sa couche entre 50 et 300 mètres de profondeur, afin de promouvoir la géothermie.

«L’énergie géothermique est disponible 24h/24, renouvelable, avec une température constante», dit notre collègue et géologue Estelle Petitclerc.

Comme les autres énergies renouvelables, la géothermie connaît un attrait grandissant. En 2015, plus de 20 000 pompes à chaleur géothermiques étaient installées en Belgique, produisant environ 432 GWh de chaleur, selon Brugeo.

Cartographie

Mais pour les partenaires de ce projet financé par la Région bruxelloise avec le soutien de fonds européen Feder, le potentiel de la géothermie est encore beaucoup trop peu exploité, notamment en zone urbaine. Pour le promouvoir, ils ont entrepris de cartographier le sous-sol de la capitale afin que chacun puisse évaluer l’intérêt de la géothermie et le type d’installation nécessaire en fonction de sa localisation.

«À condition d’avoir un bâtiment bien isolé, la géothermie est toujours rentable. Mais il faut savoir comment bien l’exploiter», a en effet expliqué Petitclerc. 

Brugeo a déjà récolté énormément de données. Il reste cependant encore quelques «trous» à combler. Le forage exploratoire mené à Anderlecht est le premier à but purement scientifique à Bruxelles à atteindre les roches dures du Paléozoïque, qui ont des propriétés thermiques plus intéressantes que les roches meubles moins profondes.

La colonne de roche en cours d’extraction doit encore être analysée en détail. Les scientifiques espèrent aussi découvrir de l’eau dans le sous-sol, car l’eau est un conducteur thermique.

Outre l’IRSNB, participent au projet l’ULB, la VUB, Bruxelles Environnement et le Centre scientifique et technique de la construction (CSTC). Lancé en 2016, Brugeo bénéficie d’un budget de plus d’un million d’euros.

 

(Source: Belga)

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