Des outils en os d’animaux dans une grotte en Wallonie

Os d’animaux provenant de la sépulture néolithique de l’Arbri des Autours. B : un poinçon fabriqué à partir d’un métatarse de mouton ou de chèvre. C, E : deux baguettes en bois de cerf. F : deux côtes appointées provenant d’un grand bovidé (probablement u
26/02/2018
Des outils en os d’animaux dans une grotte en Wallonie
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Reinout Verbeke

Des chercheurs belges ont identifié des outils dans une sépulture vieille de 6000 ans, dans l’Abri des Autours, une grotte près de Dinant. Il s’agit de la quatrième sépulture à avoir livré des os d’animaux travaillés en Belgique.

Des scientifiques de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB) et de l’Université de Liège ont étudié scrupuleusement quelque 230 os d’animaux trouvés dans l’Abri des Autours, une petite grotte – plutôt un abri sous roche – de la région de Dinant. Dans les années 1990, Nicolas Cauwe, archéologue aux Musées royaux d’Art et d’Histoire (MRAH) y a mis au jour trois sépultures. Celles-ci contenaient des restes d’escargots, de crapauds, d’oiseaux et de mammifères sauvages et domestiqués.

D’après des datations au carbone 14, deux sépultures datent du mésolithique ancien, soit d’il y a 11 000 à 10 000 ans, et la troisième du néolithique moyen, entre 6200 et 6000 ans. Les os d’animaux portant des traces de modifications humaines proviennent uniquement de la sépulture néolithique. Parmi les autres os d’animaux découverts dans la grotte, certains sont rongés et ont vraisemblablement été amenés là par des carnivores. D’autres os sont intacts et appartiennent probablement à des animaux morts dans la grotte.

Six outils et une perle

Près de la sépulture néolithique, les scientifiques ont identifié six outils en matière animale: un poinçon fabriqué à partir d’un métatarse de mouton ou de chèvre, une aiguille réalisée à partir d’un péroné de porc ou sanglier, deux côtes appointées provenant d’un grand bovidé (probablement un bœuf) et deux baguettes en bois de cerf. La grotte a également livré une canine de biche percée d’un petit trou rond. Découverte en dehors de toute sépulture, cette perle n’a pas pu être attribuée à une période en particulier.  

« Une première analyse des traces d’usure par le TraceoLab de l’Université de Liège suggère que les outils ont été fréquemment utilisés avant d’être déposés dans la sépulture », explique le premier auteur, Quentin Goffette (IRSNB). « Les deux outils réalisés à partir de côtes ont probablement été utilisés pour le traitement des peaux d’animaux et l’aiguille a servi au travail de fibres végétales. »

Une sépulture réutilisée

La sépulture néolithique, à l’entrée de la grotte, n’est que la quatrième sépulture néolithique découverte en Belgique à contenir des os d’animaux travaillés. En plus des six outils en matière animale, elle a livré deux outils en pierre –un racloir et une lame retouchée –, quelques tessons de céramique et deux perles de nacre. Des études préalables, réalisées par Caroline Polet, anthropologue de l’IRSNB, avaient déjà démontré que la sépulture contenait au moins six enfants et trois adultes. Les objets n’ont pas pu être associés à des individus spécifiques.

« La plupart des ossements humains ont été mélangés et manifestement manipulés », déclare Caroline Polet. « Cela laisse supposer qu’il s’agissait soit d’une ‘sépulture secondaire’ pour des corps qui, auparavant, avaient été enterrés ailleurs, soit une sépulture réutilisée, de laquelle les restes plus anciens ont partiellement été enlevés. »

En Belgique, jusqu’à présent, aucun outil n’a été associé à des sépultures mésolithiques. La sépulture collective mésolithique, à deux mètres de l’entrée, derrière un muret en pierre, contient des ossements d’au moins six enfants et six adultes. Dans la sépulture simple de la même époque, de l’autre côté du muret, se trouve le squelette d’une femme d’une cinquantaine d’années. Elle était enduite d’ocre jusqu’au bassin. Elle portait les traces d’une blessure au dos et de fractures aux deux avant-bras et au tibia probablement dues à un accident auquel elle a survécu, ce qui a été démontré par l’étude du processus de réparation osseuse.

L’étude des ossements d’animaux de l’Abri des Autours a été publiée dans la revue scientifique Anthropozoologica.

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