Antarctique

RV Polarstern

De décembre 2014 à février 2015, Anton Van de Putte, collaborateur scientifique de l’IRSNB et de la KU Leuven, participe à une expédition menée à l’aide du navire de recherche scientifique allemand RV Polarstern. Une équipe internationale de scientifiques doit essayer de mieux comprendre le rôle joué par les glaces marines à tous les étages de l’écosystème antarctique. Anton travaille pour le Portail biodiversité en Antarctique. Ce portail permet à des chercheurs de récolter des données sur la biodiversité de l’Antarctique, mais également de les partager avec d’autres. De cette manière, le portail participe à des initiatives globales en matière de biodiversité telles que l’OBIS (Ocean Biogeographic Information System) et le GBIF (Global Biodiversity Information Facility). Anton est par ailleurs impliqué dans le projet de recherche vERSO financé par Belspo. Il s’agit d’une collaboration entre six institutions belges de recherche scientifique, dont le but est d’identifier l’impact des changements climatiques sur l’écosystème de l’Antarctique. Les recherches menées porteront sur la connectivité et l’adaptation des populations, l’écologie trophique et la résistance des organismes, des populations et des écosystèmes.

Différentes études sont menées à bord du navire allemand de recherche scientifique Polarstern. L’étude « Sea Ice Physics and Ecology Study » (SIPES) rassemble des chercheurs belges, allemands et néerlandais. Cette équipe interdisciplinaire examinera les relations entre les propriétés physiques de la glace marine, la biologie de la glace marine, l’océan et les super-prédateurs situés au sommet de cet écosystème. L’étude tentera de réaliser un profil de l’écosystème marin, depuis l’atmosphère jusqu’aux abysses de l’océan Austral, des algues jusqu’aux phoques, des oiseaux jusqu’aux cétacés.

Antarctica

Les scientifiques souhaitent d’abord et avant tout comprendre de quelle façon les propriétés physiques de la glace marine façonnent l’habitat glaciaire. Ils s’intéresseront plus particulièrement aux propriétés optiques de la glace marine, et à la manière suivant laquelle la lumière qui traverse la glace fournit l’énergie nécessaire au développement des algues qui constituent la base d’une faune variée vivant sous la banquise. Les organismes vivant à la surface et juste sous la glace seront identifiés à l’aide d’un filet SUIT (Surface and UnderIce Trawl). Cet appareil a été mis au point par les partenaires néerlandais et a déjà été utilisé à plusieurs reprises de façon efficace. Le filet sera en outre équipé d’une série de capteurs qui effectueront des mesures biologiques et environnementales.

Pour étudier la composition des communautés d’espèces que l’on trouve dans les grandes profondeurs, on utilisera un filet RMT multiple (Rectangular Midwater trawl) de même qu’un sonar. Un RMT multiple est un assemblage de trois filets qui peuvent être ouverts et refermés de manière indépendante à partir du bateau, afin de pouvoir prélever des échantillons à différentes profondeurs. Le sonar est installé dans le fond du bateau et envoie des signaux sonores vers le fond de la mer. En atteignant des objets ou des animaux qui s’y trouvent, le signal sonore est renvoyé vers la sonde, qui les capte. En analysant le temps mis par le signal sonore avant d’être à nouveau capté par la sonde, les scientifiques peuvent se faire une idée de la façon selon laquelle le zooplancton et les poissons sont distribués dans l’eau, à des profondeurs allant de 0 à 1000 mètres. Enfin, des comptages seront effectués en ce qui concerne les oiseaux, en vol ou sur l’eau, et les mammifères marins comme les phoques et les cétacés.

La mission d’Anton est de veiller à ce que les différentes données récoltées soient rassemblées de manière adéquate, afin qu’elles puissent par la suite être facilement échangées entre chercheurs, notamment via le Portail biodiversité en Antarctique. A bord, Anton sera également responsable des prélèvements effectués à l’aide du RMT multiple et du fonctionnement du sonar.

L’expédition suivra dans un premier temps le méridien zéro vers la station polaire allemande Neumayer ; il traversera ensuite la mer de Weddell en direction de l’île de l’Éléphant, pour finallement faire route vers Punta Arenas, où elle prendra fin.

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