Navire océanographique RV Belgica

Le navire de recherche RV Belgica mesure 50,9 m de long pour 10 m de large. Sa vitesse de croisière est de 12 noeuds (22 km/h) et son autonomie, à vitesse, est de 5000 milles en 20 jours. (photo : IRSNB)
RV A962 Belgica

La Politique scientifique fédérale est le fier propriétaire du bâtiment de recherche océanographique belge Research Vessel A962 Belgica, ou RV Belgica pour les intimes. Ce navire est mis à la disposition des scientifiques belges afin de mener des activités de recherche en mer. La DO Nature de l’IRSNB est responsable de la gestion budgétaire du navire, des instruments scientifiques et de la programmation des campagnes scientifiques. La Composante Marine de la Défense fournit l’équipage et le soutien opérationnel, de même qu’un quai de stationnement dans sa base de Zeebrugge.

Le RV Belgica navigue en mer jusqu’à deux cents jours par an ; différentes équipes travaillent à bord jour et nuit. Du lundi au vendredi, le navire quitte Zeebrugge pour naviguer vers les quatre coins de la partie belge de la mer du Nord, mais également loin en dehors de cette zone. A l’occasion de campagnes de plus longue durée, il peut ainsi se rendre vers les eaux marocaines, portugaises, espagnoles, françaises, britanniques et irlandaises. Dans le cadre d’une campagne de mesures typique, l’embarquement sur le navire a lieu le lundi matin, et le débarquement s’effectue le vendredi soir suivant. Différentes équipes de recherche se trouvent ensemble à bord et se relaient, de façon à ce que les études puissent se poursuivre jour et nuit.

Crabes

Le RV Belgica surveille la qualité de la mer du Nord en collectant de manière permanente toutes sortes de données en rapport avec les processus biologiques, chimiques, physiques, géologiques et hydrodynamiques qui y ont lieu (monitoring). Le navire sert également de laboratoire flottant de 50,90 m de long pour les chercheurs provenant des universités belges et des institutions scientifiques belges dont l’objectif est de mieux connaître les mers. Les scientifiques prélèvent des échantillons d’eau, du sol marin, d’organismes vivants. Ils expérimentent de nouvelles techniques de pêche, étudient l’impact de l’extraction de sable sur les fonds marins ou examinent l’impact des parcs à éoliennes sur la vie marine. De par son caractère polyvalent, ce navire belge de recherche océanographique n’est pas utilisé uniquement par des équipes belges impliquées dans les sciences en rapport avec la mer, mais également par des équipes étrangères avec lesquelles des collaborations sont prévues dans le cadre de programmes de recherche européens. Les campagnes internationales  du RV Belgica ont déjà permis de découvrir des bancs de coraux des eaux froides situés au sud-ouest de l’Irlande de même que des volcans de boue au large des côtes marocaines. Les études menées à bord du RV Belgica sont donc importantes en ce qui concerne la gestion de la mer du Nord, mais revêtent une importance similaire pour ce qui est de la recherche fondamentale menée dans les mers et les océans voisins. RV Belgica: extra pages d'information.

RV Belgica 1984
La naissance du RV Belgica

Lors de la création en 1976 de l’Unité de gestion du modèle mathématique de la mer du Nord (l’UGMM, qui fait aujourd’hui partie de la DO Nature) par le Ministère de la Santé publique et de l’Environnement, cette institution a reçu pour tâche principale de développer une simulation informatique des processus qui ont lieu en mer. Par la suite est lancé un nouveau programme de recherche océanographique, « Gestion durable de la mer du Nord », dans le cadre duquel différentes équipes de scientifiques contribuent à la recherche océanographique fondamentale. Mais les navires utilisés à cet effet en Belgique ne sont pas adaptés aux missions : le besoin d’un véritable bâtiment de recherche océanographique belge se fait donc sentir. En novembre 1979, le gouvernement donne son accord. La préférence est donnée à un bateau multifonctionnel (chimie, physique, biochimie, géologie, pêche) d’une cinquantaine de mètres de longueur. L’étude préliminaire des plans est confiée aux chantiers navals Cockerill Yards, mais, suite à la faillite de ceux-ci, le chantier Boelwerf de Tamise prend le relais. La construction du navire commence en 1982. La Composante Marine est responsable de tous les aspects relatifs à la navigation en mer, l’UGMM des équipements océanographiques. La construction du RV Belgica est enfin terminée en 1984.

1984 Reine Fabiola

Le RV Belgica prend une première fois la mer durant une période d’essai destinée à tester la vitesse et la consommation, et durant laquelle les premiers prélèvements d’échantillons sont également effectués. Au même moment, on signale le naufrage d’un navire chargé de produits dangereux : le RV Belgica change immédiatement de cap pour faire route vers le Mont-Louis, qui repose sur le fond à 18 km au large d’Ostende. Le cargo français transportait des matières radioactives, et on craint une pollution chimique par de l’hexafluorure et par le carburant. Le RV Belgica se joint aux bateaux d’intervention en examinant l’impact de l’accident sur l’environnement marin. Les étudiants et les chercheurs débarquent afin de céder la place à des experts chargés d’effectuer la surveillance radiobiologique de l’épave. L’UGMM développe des graphiques renseignant l’extension de la pollution sur la base du modèle mathématique de la mer du Nord.

Après avoir recherché toute trace de pollution potentielle pendant 41 jours, le RV Belgica est enfin baptisé officiellement par la reine Fabiola (marraine du bâtiment) dans le port d’Ostende. En mars 1987, le RV Belgica fera à nouveau route vers le site d’une nouvelle catastrophe, le naufrage du ferry Herald of Free Enterprise. A nouveau, le RV Belgica restera sur place pendant un mois afin de prélever des échantillons, d’effectuer des analyses et de surveiller la pollution.

RV Belgica pont arrière
Bienvenue à bord !

Outre l’équipement océanographique et les laboratoires scientifiques, le RV Belgica est bien entendu également équipé d’une cuisine, de deux réfectoires et salles de réunion, et de 14 cabines pouvant accueillir au total 16 scientifiques et 15 membres d’équipage.

Les centres névralgiques principaux du RV Belgica sont le pont, où sont donnés les ordres, et la salle des machines, équipée d’un moteur principal, d’un second moteur auxiliaire électrique, de trois générateurs électriques et de deux systèmes hydrauliques.

How big is Belgica
RV BELGICA II

Le bâtiment belge de recherche océanographique RV A962 Belgica a atteint l’âge de 30 ans en 2014. Afin de célébrer cet anniversaire, mais également afin de rendre le public et les décideurs conscients du besoin de remplacer le navire par le RV Belgica II, l’IRSNB a lancé une grande campagne d’information.

Le RV Belgica a passé 30 années en mer, à veiller jour et nuit sur le bien-être de notre mer du Nord, et il a permis de récolter une masse de données scientifiques contribuant à rendre notre mer du Nord vivable et rentable. Tous les Belges ont intérêt à ce que le moteur bleu de la mer du Nord puisse continuer à tourner. Le RV Belgica influence leur vie quotidienne, même celle de ceux qui vivent à l’intérieur du pays. Il suffit de penser aux pêcheries durables, à l’énergie éolienne, à l’extraction de sable, au tourisme… Mais, après 30 ans, il est temps de songer au remplacement du navire par un nouveau bâtiment de recherche – le RV Belgica II – afin de protéger la mer du Nord de façon durable : un navire pouvant accueillir un nombre plus élevé de chercheurs, des équipements plus performants et des robots automatiques de mesures. A quoi doit ressembler un tel bateau ? Chacun peut le découvrir grâce au petit film d’animation « How Big Is Belgica » (remerciements à BELSPO).

RV Belgica tempête
Carte d’identité technique du RV Belgica
  • Longueur : 50,9 m
  • Largeur : 10,0 m
  • Tirant d’eau : 4,6 m (profondeur maximale du bateau).
  • Déplacement : environ 1200 tonnes
  • Vitesse de croisière : 12 nœuds (22 km/h)
  • Vitesse maximum : 13,5 nœuds (25 km/h)
  • Autonomie : 20 jours ou 9200 km à la vitesse de 12 nœuds (22 km/h)
  • Equipage maximum : 31 personnes (15 membres d’équipage + 16 chercheurs)
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